Docteur Hayashi, vous avez joué un rôle clé dans la mise au point de la première orthèse de cheville sportive…
M.H. : C’était un an avant les JO de Barcelone, en 92. Un grand joueur de l’équipe du Japon de volley-ball souffrait d’une grave blessure à la cheville. Pour accélérer le processus de guérison et lui éviter de se blesser à nouveau, je lui ai demandé de porter une orthèse médicale.
Je voulais une orthèse avec deux coques latérales rigides, pour stabiliser convenablement l’articulation tibio-tarsienne et éviter les blessures à répétition. Malheureusement, l’orthèse s’est cassée après moins de deux semaines d’entraînement intensif. La matière employée n’offrait pas une résistance suffisante aux sollicitations extrêmes et la forme du produit était étudiée pour restreindre la mobilité, non pour permettre les mouvements propres à la pratique sportive.
J’ai alors commencé à travailler avec ZAMST à l’élaboration d’une orthèse de cheville capable de supporter des mouvements extrêmes tout en protégeant le joueur. Nous avons mis au point un nouveau produit juste avant le début des Jeux. Tous les joueurs de l’équipe ont porté au moins une orthèse de cheville pendant le tournoi olympique et aucun n’a été blessé.
Quelles modifications fondamentales avez-vous demandées ?
M.H. : Je voulais fournir au joueur une orthèse de cheville capable de limiter tout travail excessif de l’articulation sans pour autant gêner les mouvements. Un joueur de volley-ball doit courir, sauter, effectuer des déplacements latéraux, reculer, exécuter des flexions des genoux et des chevilles... Par conséquent, la cheville doit conserver une liberté de mouvement maximale. Nous avons décidé de changer la matière des coques latérales et de modifier leur épaisseur et leur conception, afin qu’elles soient rigides tout en étant incassables. Nous avons remplacé le fil qui cousait la matière textile de l’orthèse, pour éviter toute rupture liée aux frottements répétés. Nous avons ensuite élargi le sanglage et la fermeture à velcro, puis nous les avons cousus sur les coques en plastique afin d’accroître la longévité et la résistance du système de fixation. Dernier aspect important, les coques en plastique ont été fixées sur l’orthèse souple au moyen de rivets pour faciliter les mouvements de flexion plantaire et dorsale.
Il s’agit donc d’un produit très technique. Tous les produits disponibles dans le commerce sont-ils aussi sophistiqués ?
M.H. : En tous cas, ils le devraient !
L’orthèse idéale pour la pratique sportive doit offrir l’efficacité d’une orthèse médicale (pour protéger au maximum l’articulation) tout en respectant la spécificité des mouvements et limitations liés au sport, qui sont bien différents de ceux que l’on observe dans la vie quotidienne ! L’orthèse sportive doit donc associer les qualités d’une orthèse médicale à l’action de soutien d’un strapping. Une fois ces qualités réunies, ce qui est le cas pour les produits ZAMST, vous disposez d’une solution supérieure au strapping à certains égards. En effet, si le strapping constitue du point de vue anatomique la solution la plus appropriée pour soutenir l’articulation, il présente deux inconvénients : il faut l’expertise d’un professionnel de santé pour obtenir un bon strapping, et tous les sportifs n’en ont pas forcément un à leur disposition. D’autre part, on ne peut plus régler le niveau de compression une fois le strapping en place, alors que c’est possible avec une orthèse de qualité.
En quoi les produits ZAMST sont-ils différents ?
M.H. : Pour moi, les produits ZAMST sont simples, confortables, fonctionnels et faciles à utiliser. Ce sont là toutes les caractéristiques essentielles à une orthèse ! En outre, ils sont conçus spécialement pour la pratique sportive. En d’autres termes, ils permettent d’effectuer librement les mouvements naturels tout en limitant les mouvements dangereux. Dernier point important, l’équipe ZAMST dispose d’excellentes connaissances médicales et ses chercheurs travaillent constamment en étroite collaboration avec des médecins, des entraîneurs et des sportifs professionnels pour améliorer sans cesse la qualité et les performances des produits. Ces chercheurs sont ainsi à même de fournir des informations détaillées aux clients de façon à ce qu’ils puissent utiliser les produits ZAMST de manière optimale. L’équipe ZAMST est particulièrement attentive à cet aspect.
En tant que médecin, recommandez-vous à tous les sportifs de porter des orthèses de ce type ?
M.H. : Si je pense aux sportifs que je suis quotidiennement, il est évident que je préférerais ne pas les voir utiliser ces produits. Et je suis persuadé que tous les entraîneurs professionnels et les médecins des équipes sportives font en sorte d’améliorer les performances de leurs joueurs tout en les rendant plus résistants aux blessures. À cet égard, je ne recommande pas de porter des orthèses tous les jours, à moins d’une faiblesse articulaire pathologique ou d’avoir déjà subi une blessure grave. Toutefois, même pour les sportifs « en parfaite santé », certaines situations nécessitent d’utiliser des orthèses pour renforcer la protection naturelle du corps contre les blessures. C’est, par exemple, le cas pendant une compétition où le taux de blessures est, dans de nombreuses disciplines, nettement plus élevé qu’à l’entraînement. Cela peut aussi être nécessaire pendant un stage d’entraînement intensif où la fatigue peut être très importante, et lorsque les sportifs ont la sensation d’avoir accumulé trop de fatigue au cours de la saison. Au final, la décision revient au joueur. Mais pour faire le bon choix, il doit être informé des risques qu’il court, des conséquences d’une blessure (absence d’entraînement, convalescence prolongée, faiblesse résiduelle…) et des moyens à sa disposition pour les éviter (entraînement volontaire, strappings, orthèses sportives…).
Pensez-vous que l’utilisation d’orthèses sportives puisse entraîner un affaiblissement du corps et une altération de sa capacité d’auto-protection ?
M.H. : Avec des orthèses sportives sophistiquées comme celles de ZAMST, il n’y a aucun risque ! N’oubliez pas qu’elles préservent la liberté de mouvement et protègent uniquement l’articulation des mouvements excessifs et dangereux. Par conséquent, un programme complet de prévention des blessures est nécessaire, même si le sportif porte une orthèse sportive. La musculation, les entraînements proprioceptifs, le développement de la coordination et d’autres exercices sont indispensables. Il faut considérer l’orthèse sportive comme le dernier rempart lorsque le corps a épuisé toutes ses défenses naturelles. Et dans les disciplines sportives modernes, où la compétition est encore plus intense, ce type de situation est relativement fréquent.